L’entrée en vigueur de la loi de finances 2024 en République démocratique du Congo marque une nouvelle étape dans la volonté des pouvoirs publics de renforcer la mobilisation des recettes internes. Derrière des ajustements techniques en apparence, se dessine une orientation claire : mieux tracer l’activité économique formelle et sécuriser les recettes fiscales.
L’une des évolutions majeures concerne la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). Désormais, les entreprises sont tenues de joindre à leur déclaration des listes détaillées de transactions, conformément aux modèles imposés par l’administration fiscale. Cette exigence traduit une volonté accrue de transparence et de contrôle du chiffre d’affaires déclaré. Si l’objectif est légitime lutter contre la fraude et améliorer la fiabilité des déclarations il impose en contrepartie aux entreprises une discipline comptable plus rigoureuse et une meilleure organisation de l’information financière.
Pour les structures peu ou mal outillées, notamment les PME, cette mesure peut représenter un défi opérationnel. Elle renforce ainsi le rôle stratégique des cabinets d’expertise fiscale et comptable, appelés à accompagner les contribuables dans la mise en conformité et la sécurisation de leurs obligations déclaratives.
Du côté de l’impôt sur les sociétés (IS), la réforme introduite par la loi de finances 2024 vise avant tout une rationalisation des paiements. Le passage de quatre à trois versements provisionnels simplifie le calendrier fiscal, tout en maintenant une pression financière significative. Les deux premiers acomptes, chacun fixés à 30 % de la base de l’IS, sont exigibles respectivement avant le 1er août et le 1er octobre, tandis que le solde de 20 % est payable avant le 1er décembre.
Cette réorganisation des échéances améliore la lisibilité du système, mais elle exige une anticipation financière accrue de la part des entreprises. La trésorerie devient un enjeu central, en particulier pour les sociétés à cycle d’exploitation long ou à forte saisonnalité.
Par ailleurs, l’ajustement du régime de l’impôt minimum — désormais calculé à raison d’un douzième par mois ou fraction de mois pour les entreprises ayant démarré leurs activités après janvier — constitue un signal en faveur d’une meilleure équité fiscale. Cette mesure corrige une rigidité antérieure qui pénalisait les nouvelles entreprises, souvent fragiles durant leurs premiers mois d’activité.
Dans l’ensemble, la loi de finances 2024 s’inscrit dans une logique de formalisation progressive de l’économie congolaise. Elle renforce les obligations déclaratives sans modifier fondamentalement les taux, privilégiant ainsi le contrôle et la conformité plutôt que l’alourdissement direct de la charge fiscale.
Le véritable enjeu, désormais, réside dans l’accompagnement. Une fiscalité plus encadrée ne produira ses effets positifs que si elle s’appuie sur la pédagogie, la stabilité réglementaire et le dialogue entre l’administration fiscale et les acteurs économiques. À ce titre, les cabinets comme Esprit d’Expertise jouent un rôle clé : transformer la contrainte fiscale en outil de structuration, de sécurisation et de crédibilité économique pour les entreprises congolaises.
